La coriandre - Coriandrum sativum

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Nom latin: Coriandrum sativum

Coriandrum sativum

La Coriandre ou Coriandre cultivée (Coriandrum sativum) est une plante herbacée annuelle de la famille des Apiacées (Ombellifères). C'est une plante aromatique cultivée dans les zones tempérées du monde entier et employée pour de nombreuses préparations culinaires, particulièrement en Asie, en Amérique latine et dans la cuisine méditerranéenne. Les feuilles sont généralement utilisées fraîches en accompagnement ou comme condiment. Les fruits séchés, souvent confondus avec des graines, sont utilisés comme épice. Moulus, ils sont un ingrédient de base de nombreux mélanges, tels que les currys. La coriandre est également une plante médicinale, reconnue notamment pour faciliter la digestion. On en tire une huile essentielle utilisée en aromathérapie, dans l'industrie alimentaire pour son arôme et comme agent de senteur en parfumerie, dans les cosmétiques ou les produits sanitaires.

 

La coriandre est aussi appelée « persil arabe » ou « persil chinois ». Son nom arabe est كزبور / kuzbūr (bien qu'à Alger, on l'appelle حشيش / hachiche - qui signifie, littéralement, "herbe"). En Amérique latine, on l'appelle par son nom espagnol cilantro. En Amérique du Nord, le terme coriander désigne la plante ou les fruits, mais les feuilles sont également connues sous le nom de cilantro.

« Coriandre longue » ou « coriandre chinoise » (Eryngium foetidum), « coriandre bolivienne » (Porophyllum ruderale) et « coriandre vietnamienne » (Polygonum odoratum) sont des appellations vernaculaires désignant d'autres espèces végétales, également utilisées en cuisine.

Étymologie


Le mot français vient du latin classique coriandrium, lui-même issu du grec κορίανδρον / koríandron1 ou κορίαννον / koríannon. L'étymologie courante fait dériver le grec de la racine κόρις / kóris, « punaise », à cause de l'odeur ; cependant le Dictionnaire historique de la langue française rejette cette version, parlant d'un terme « probablement d'origine méditerranéenne ». John Chadwick fait un rapprochement entre la forme mycénienne du mot (κοριαδνον / koriadnon ( / korijadana en linéaire B)), et le nom d'Ariane, la fille de Minos. Le mot français « coriandre » est du genre féminin aussi bien lorsqu'il désigne la plante que le fruit (l'épice) ; ce n'est pas le cas de son équivalent dans les autres langues romanes.

Origine et aspects historiques


L'origine de la coriandre est incertaine. Elle pousse à l'état sauvage dans une vaste zone au Proche-Orient et dans le Sud de l'Europe, suscitant le commentaire : « Il est difficile de définir exactement où cette plante est sauvage et où elle ne s'est établie que récemment. ».

Quinze méricarpes desséchés ont été trouvés au niveau Néolithique précéramique B de la grotte de Nahal Hemar (en) en Israël, ce qui est peut être la plus ancienne trace archéologique de coriandre (environ 6 000 ans av. J.‑C.).

Le plus ancien témoignage de l'utilisation des fruits est un papyrus daté de 1 550 av. J.‑C. listant des plantes médicinales. Environ un demi-litre de méricarpes ont été retrouvés dans le tombeau de Toutankhamon, et leur présence est courante dans d'autres sépultures de l'Égypte antique à cette époque. La coriandre n'existant pas à l'état sauvage en Égypte, Zohary et Hopf interprètent cette découverte comme une preuve que la coriandre était cultivée (Nouvel Empire, vers le xive siècle av. J.-C.).

La coriandre semble avoir été cultivée dans la Grèce antique au moins depuis le IIe millénaire av. J.-C.. Des tablettes en linéaire B provenant de la civilisation mycénienne mentionnent la coriandre, en quantité importante, comme offrande rituelle ou comme matière première pour la confection d'onguents et de produits aromatiques à l'usage des temples-palais. Une des tablettes retrouvées à Pylos fait référence à la coriandre comme étant cultivée pour la fabrication de parfums, et elle aurait été utilisée sous deux formes : comme épice pour ses « graines », et pour la saveur de ses feuilles

. Une grande quantité de coriandre retrouvée dans une couche de l'Âge du bronze ancien à Sitagroi (en), en Macédoine, renforce l'hypothèse de la culture de la plante à cette période (plus de 1 200 ans av. J.‑C.). Les Hébreux l'utilisaient pour aromatiser leurs galettes et les Romains pour conserver leur viande au frais.

En France, des fouilles archéologiques ont mis en évidence la présence de la coriandre depuis l'Antiquité (entre le ier siècle av. J.-C. et le ve siècle). Elle fait partie des plantes dont la culture est recommandée dans les domaines royaux par Charlemagne dans le capitulaire De Villis (fin du viiie siècle ou début du ixe).